Si vous êtes familier du yaoi, et surtout du yaoi hard, le nom de Youka Nitta ne doit pas vous être étranger.

En effet, elle est l’une des super stars du genre, archi-connue pour son œuvre majeure : Haru wo Daite ItaHaruDaki pour les intimes. Respectée et réputée pour ses histoires plus réalistes que la moyenne des BL dans son approche des relations homosexuelles, elle est présente sur la scène professionnelle depuis plus de 15 ans.

Personnellement, j’ai toujours eu un peu de mal avec cette mangaka. Ses histoires sérieuses me rebutent par la froideur et l’antipathie que m’inspirent ses personnages. Seules ses 2 comédies romantiques, HaruDaki et Boku no Koe, me plaisent réellement — avec une préférence pour la deuxième vu mes difficultés à tolérer son ancien style artistique dans les premiers volumes de HaruDaki.

Quoi qu’il en soit, je suis peinée et déçue du scandale qui se dessine depuis le début du mois pour Youka Nitta. J’avais toujours soupçonné, depuis l’amélioration surprenante de son graphisme, qu’elle utilisait des photos qu’elle décalquait pour réaliser ses illustrations. Mais d’après sa réputation de grand professionnalisme, je supposais qu’elle utilisait ses propres modèles ou qu’elle s’inspirait de photos de mode.

Mais voilà que le scandale vient d’éclater et que l’effet boule-de-neige s’accélère.

Le 3 juillet dernier, Youka Nitta admet sur son blog avoir commis des erreurs, en référence à des posts incendiaires sur un forum japonais où des internautes ont noté des ressemblances troublantes avec quelque photo publicitaire extraite d’un magazine de mode. Depuis, un site a été créé pour répertorier au fur et à mesure les illustrations remises en question de Youka Nitta.

Exemple 1
http://img183.imageshack.us/my.php?image=20080629133843uk5.jpg

Exemples : 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, etc.

Si les images n’apparaissent pas,
vous pouvez aussi les retrouver sur leur LJ.

Et à l’heure où je suis en train de taper ce message, il y a déjà 32 illustrations équivoques.

Le magazine BeBoy a été forcé de reprogrammer les mangas à paraître en annonçant dernièrement la suspension de la parution du prochain épisode de HaruDaki. L’éditeur à formulé ses excuses auprès du lectorat en référence au scandale qui se prépare.

La production du BLCD de HaruDaki, dont le nouveau volet devait également sortir prochainement, vient elle aussi de suspendre le projet et de présenter ses excuses auprès du public.

L’avenir de Youka Nitta me semble très noir. Malgré toute mon affection pour Boku no Koe et mon effarement à l’idée que ce manga risquerait de ne jamais avoir de fin si cette affaire ne se calmait pas, je ne peux excuser Youka Nitta pour son attitude inconsidérée envers les droits d’auteurs.

Inspiration et plagiat sont 2 choses différentes et certaines illustrations sont clairement des plagiats pour moi. Si elle avait été une mangaka novice, j’aurais pu admettre une éventuelle ignorance de sa part. Mais elle a plus de 15 ans de métier, alors l’excuse du “je ne connais pas grand-chose aux droits d’auteurs” me semble bien légère.

Je monte sur mes grands chevaux car sur plusieurs forums, la défense aveugle des fans m’a ulcérée. Attention, je ne suis pas contre Youka Nitta, mais ce n’est pas pour autant que je cautionne ce qu’elle a fait. Je le répète, inspiration n’est pas la même chose qu’un plagiat. L’inspiration est acceptable. Le plagiat est punissable par la loi.

Si vous êtes juste un artiste du dimanche, que vous vous amusez à pasticher ou à “rendre hommage” à un artiste, grand bien vous fasse. Si vous êtes un professionnel et que vous plagiez dans un but commercial sans rendre au moins crédit à qui de droit, attendez-vous à un retour de bâton !

Vous pouvez soutenir la mangaka autant que vous le souhaitez, elle en aura besoin moralement pour les épreuves qui l’attendent très certainement. Mais professionnellement, notre soutien ne la sauvera pas si l’industrie de la mode décide de l’attaquer en justice.

Je pense plus aux répercussions professionnelles qu’à ma déception en tant que fan. Et je suis davantage touchée par le fait que cette négligence de l’artiste emporte dans sa tourmente ses éditeurs, les productions de BLCD, les studios d’animations et tous les autres professionnels ayant collaboré avec elle.

J’espère que l’affaire se règlera à l’amiable ou que les gens de la mode ne recourront pas aux tribunaux. Mais la réputation de Youka Nitta est déjà entachée. Reste à savoir pour nous, malheureux fans, si ses mangas ne sont qu’en hiatus temporaire ou permanent.

Maintenant, vous avez le droit de ne pas partager mon avis et de vous exprimer. Je ne musèle personne.